Gestion
Combien facturer un reportage de mariage en 2027 ?
Beaucoup de prestataires fixent leurs tarifs de deux façons : en regardant ce que font les autres, ou « au feeling ». Le problème, c’est que le tarif d’un concurrent ne dit rien de vos frais, de votre matériel ni du temps que vous passez réellement sur un mariage. Et un prix au feeling finit souvent par être un prix qui ne paie pas.
Car un mariage n’est pas une journée de travail. Entre le premier rendez-vous et la dernière question après la livraison, c’est souvent plusieurs jours de travail cumulés. Ce guide vous propose une méthode simple, en sept étapes, pour calculer un tarif qui couvre vraiment vos coûts. Photographe, vidéaste ou DJ : le principe est le même, seuls les chiffres changent.
Bon à savoir
Tous les montants de ce guide sont des exemples illustratifs pour montrer le calcul. Ce ne sont ni des prix de marché, ni des tarifs recommandés. Remplacez-les par vos propres chiffres.
01 Comptez le vrai temps
Le jour J est la partie visible. Mais avant et après, il y a tout le reste, et c’est souvent ce reste qui fait la différence entre un mariage rentable et un mariage à perte. Listez honnêtement chaque étape :
- le premier rendez-vous, en visio ou en personne ;
- les échanges par e-mail, téléphone et messagerie ;
- la préparation : repérages, planning, questionnaire, playlist pour un DJ ;
- les trajets aller et retour ;
- le jour J lui-même, installation et rangement compris ;
- le tri, la retouche ou le montage ;
- la livraison et le service après-vente : questions, retouches demandées, commandes de tirages.
Dans cet exemple, la journée de 10 heures ne représente qu’un quart du temps total. Pour un vidéaste, le montage pèse souvent encore plus lourd. Pour un DJ, ce sont plutôt la préparation musicale, les rendez-vous et l’installation technique.
Le conseil terrain
Sur vos trois prochains mariages, chronométrez tout, même les e-mails. Une simple note sur votre téléphone suffit. Vous serez probablement surpris par le total.
02 Votre matériel s’use
Boîtiers, objectifs, cartes mémoire, ordinateur, enceintes, micros, éclairages : votre matériel ne dure pas éternellement. Chaque mariage le rapproche un peu de son remplacement. Ce coût doit donc apparaître dans votre prix, même si vous avez déjà tout payé.
Le calcul de l’amortissement est simple : valeur du matériel ÷ nombre d’années d’utilisation ÷ nombre de prestations par an.
Ajoutez à ce calcul ce qui accompagne le matériel : l’assurance matériel, les réparations, les petits accessoires qui disparaissent (batteries, câbles, filtres) et le renouvellement prévisible. Le jour où votre boîtier lâche, l’argent de son remplacement doit déjà être de côté.
03 Les frais fixes de l’année
Certains frais tombent chaque mois ou chaque année, que vous ayez un mariage ce week-end ou non. Faites-en la liste complète :
- logiciels et abonnements (retouche, montage, stockage, gestion) ;
- assurance responsabilité civile professionnelle ;
- site internet, nom de domaine, hébergement ;
- expert-comptable et banque professionnelle ;
- téléphone et internet ;
- véhicule, pour la part professionnelle ;
- formation, salons, publicité.
Additionnez le tout sur douze mois, puis divisez par le nombre de mariages que vous réalisez réellement dans l’année. Pas celui que vous espérez : celui que vous faites. Si vous comptez 30 mariages mais n’en réalisez que 20, chaque mariage devra porter une part plus lourde de vos frais.
04 Les frais propres à chaque mariage
Certains coûts dépendent du mariage lui-même. Ils changent d’un couple à l’autre, et c’est pour cela qu’ils méritent une ligne à part dans votre calcul, voire dans votre devis :
- déplacements : kilomètres, carburant, péages, parking ;
- hébergement, si le domaine est loin ou si la soirée finit tard ;
- second shooter, assistant ou technicien ;
- tirages, album, coffret, clé USB ;
- location de matériel spécifique.
Sur le terrain
Un domaine à 180 km, une fin de soirée à 2 h du matin, une chambre d’hôtel et deux péages. Si ces frais ne sont pas prévus dans le devis, ils sortent directement de votre rémunération.
05 Les cotisations sociales
C’est l’étape que l’on oublie le plus souvent. En micro-entreprise, les cotisations sociales se calculent sur votre chiffre d’affaires, pas sur votre bénéfice. Autrement dit, sur chaque euro encaissé, une part revient à l’URSSAF, quels que soient vos frais.
Taux 2026 en micro-entreprise, d’après economie.gouv.fr :
Attention : selon votre activité, vous pouvez relever d’un régime différent (artisan, profession libérale, artiste-auteur). Un photographe ou un vidéaste n’est pas toujours dans la même case. Vérifiez votre situation avec l’URSSAF ou votre comptable.
Pour en tenir compte, ne multipliez pas vos coûts par le taux : divisez-les. La formule est la suivante :
Dans cet exemple illustratif, les 1 620 € réunissent la rémunération que vous visez pour vos 39 heures, l’amortissement du matériel, votre part de frais fixes et les frais du mariage. Une fois les cotisations prélevées sur 2 177 €, il vous reste bien vos 1 620 €. Si vous aviez simplement ajouté 25,6 % à 1 620 €, il vous manquerait de l’argent.
L’erreur qu’on voit souvent
Considérer le prix encaissé comme son revenu. Après cotisations, frais, matériel et impôt sur le revenu, ce qui reste réellement est souvent bien inférieur.
06 La TVA
Tant que votre chiffre d’affaires reste sous un certain seuil, vous pouvez bénéficier de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas de TVA et vous indiquez sur vos devis et factures la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
Pour les prestations de services, ce seuil est de 37 500 € de chiffre d’affaires, avec un seuil majoré de 41 250 €, en 2026 selon les informations disponibles. Ces seuils évoluent : vérifiez ceux en vigueur sur impots.gouv.fr.
Au-delà, vous devez facturer la TVA, en général à 20 %. Et c’est là que ça se complique : vos clients sont des particuliers, qui ne récupèrent pas la TVA. Pour les mariés, votre prix TTC augmente donc d’un coup. Si vous approchez du seuil, anticipez : soit vos prix intègrent déjà cette éventualité, soit vous acceptez de réduire votre marge.
À faire
Affichez toujours clairement si vos prix sont HT ou TTC, sur votre site comme sur vos devis. Une confusion entre les deux est l’un des malentendus les plus désagréables à corriger au moment de la facture.
07 Prix plancher et positionnement
Le calcul des étapes 01 à 06 vous donne un prix plancher : le minimum en dessous duquel vous travaillez à perte. Ce n’est pas forcément votre prix de vente. C’est votre limite.
- Temps
- Matériel
- Frais fixes
- Frais du mariage
- Cotisations
- TVA
- Prix plancher
Au-dessus de ce plancher, votre positionnement entre en jeu :
- votre expérience et la solidité de votre portfolio ;
- votre style, et sa rareté ;
- la demande : un agenda plein un an à l’avance est un signal clair ;
- la saison : un samedi de juin et un vendredi de novembre n’ont pas la même valeur ;
- les jours de semaine, qui peuvent justifier un tarif adapté ;
- les options : album, second shooter, film long, heures supplémentaires.
Le prix plancher vous protège. Le positionnement vous permet de vivre correctement de votre métier. Les deux ensemble vous permettent de dire non, sereinement, à une demande de remise qui vous ferait passer sous la ligne.
Avec OUIVA
Le calculateur gratuit OUIVA fait ce calcul pour vous : temps, matériel, frais, cotisations et TVA, pour obtenir votre prix plancher en quelques minutes.
Une fois votre prix fixé, reste à l’encaisser dans de bonnes conditions. Le guide Acompte, arrhes et solde : ce que dit la loi vous aide à construire votre échéancier, et le guide Facture électronique : ce qui change pour les pros du mariage fait le point sur vos factures à partir de 2026.
Point juridique
Informations générales : taux, seuils et régimes évoluent et dépendent de votre situation. Faites valider votre calcul et votre statut par un expert-comptable.
Votre prix n’est pas un chiffre que l’on devine. C’est un calcul, puis un choix. Faites le calcul une fois sérieusement, et vous ne négocierez plus jamais à l’aveugle.
Un conseil par mois, pas plus.
La lettre des pros du mariage : gestion, prix, organisation.


